Quelques dizaines de mètres suffisent pour plonger dans le Vichy de Napoléon III. La rue Alquié et son alignement de villas à l’anglaise, construites en 1863 pour la garde impériale, est l’une des plus belles promenades architecturales de la Reine des villes d’eaux — inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.
Parallèle au Parc des Sources et aux parcs d’Allier, la rue Alquié — qui porte le nom du médecin inspecteur de l’établissement thermal chargé de veiller aux cures de Napoléon III — se révèle au promeneur au détour de son dernier tronçon. La, une enfilade de huit villas à l’anglaise surgit comme une parenthèse londonienne, avec leurs bow-windows, leurs façades en pierre et leurs jardins soignés.
Construites en 1863 par Jean Lefaure, architecte de l’État à qui Vichy doit aussi les chalets impériaux et l’église Saint-Louis, ces demeures avaient une vocation très précise : loger les officiers de la garde de l’Empereur, dont le chalet leur faisait face sur le boulevard des États-Unis. Identiques à l’origine, à la manière d’une caserne militaire de grande qualité, elles n’étaient habitées qu’un mois par été, le temps de la cure impériale.
Après 1866, Napoléon III cesse de venir à Vichy et les villas passent de mains en mains. Leurs propriétaires successifs les individualisent peu à peu, faisant naître la diversité charmée qu’on leur connaît aujourd’hui.