Les chalets Napoléon III

Cinq chalets de villégiature construits entre 1863 et 1864 pour l’Empereur et sa suite racontent, façade après façade, l’histoire intime du Second Empire à Vichy.

Les chalets Napoléon III Vichy

Le Chalet des Roses. rez-de-chaussée en moellons de pierre grise à encadrements de briques orangées, avec porche à colonnes torsadées et grandes fenêtres à persiennes ; étage en pan de bois peint crème orné d'un décor de losanges et croix en bois découpé brun-rouge, balcon à balustrade entre les deux niveaux.

Les chalets Napoléon III Vichy

Chalet Marie-Louise vu depuis la pelouse du parc Napoléon III, deux niveaux de galeries à piliers métalliques vert foncé et balustrades blanches largement ouvertes sur le jardin ; façade en briques orangées, toit à tuiles.

Les chalets Napoléon III Vichy

Chalet de l’Empereur en brique rouge et pierre de taille claire, sur deux niveaux avec colonnes en fonte peintes en vert foncé et balustrades ajourées Des lucarnes en façade avec frontons triangulaires Des volets sur toutes les fenêtres. Des cheminées en terre cuite. Un jardin en contrebas avec haie taillée

Chalet Clermont-Tonnerre en brique et pierre, avec rez-de-chaussée et balcon à l'étage, ferronnerie verte. Une tourelle à toit en ardoise très visible à droite, avec une petite construction annexe à toiture octogonale Des volets verts assortis aux menuiseries Un grand jardin paysager au premier plan.

Les chalets Napoléon III Vichy

Chalet Clermont-Tonnerre avec ses arches en ogive et sa charpente métallique peinte en vert foncé Le balcon à l'étage avec ferronnerie assortie. La tourelle à toit conique en ardoise avec sa petite flèche métallique. L'annexe octogonale à toit plat en zinc ou ardoise, avec décor en relief sur la frise. Des parasols blancs fermés visibles sur la terrasse, ce qui suggère un usage de restauration ou d'hôtellerie À droite, on aperçoit une autre villa voisine en brique.

Tout commence par une contrariété impériale. Après son deuxième séjour à Vichy en 1862, Napoléon III commande à l’architecte Jean Lefaure un premier chalet de villégiature : le chalet Marie-Louise (n°109), achevé en 1863. Mais ses galeries donnent sur le boulevard, exposant l’Empereur aux regards des curistes venus l’acclamer quand il sort fumer. Excédé, Napoléon III demande aussitôt un second chalet — le chalet de l’Empereur (n°107) — dont les terrasses sont cette fois orientées à l’ouest, vers le parc. Il y résidera lors de ses cures suivantes jusqu’à la chute du régime.

En l’espace de deux ans, six chalets sortent de terre sous la direction de Lefaure, répondant aux besoins de toute la cour : le chalet Eugénie ou de l’Impératrice (n°105), construit pour Eugénie de Montijo et inspiré des chalets suisses d’Arenenberg où l’Empereur passa son enfance — que la noble épouse, ulcérée par les infidélités de son mari, ne daignera jamais occuper ; le chalet Clermont-Tonnerre (n°109 bis), pour l’officier d’ordonnance chargé de la sécurité impériale, relié par une galerie souterraine aux deux chalets voisins pour y faire passer les plats et surveiller discrètement l’Empereur ; enfin le chalet des Roses (n°101), commandé par Achille Fould, ministre des Finances, qui souhaita un bâtiment « en tous points semblable à celui de Sa Majesté ».

Les chalets Napoléon III Vichy

Résidence de sa Majesté l’Empereur à Vichy et nouveau parc. Gravure vers 1863 (Fonds patrimoniaux Ville de Vichy)

Les chalets Napoléon III Vichy

Chalet de l’Empereur. Carte postale vers 1909 (Fonds patrimoniaux Ville de Vichy)

Les chalets Napoléon III Vichy

Cabinet de travail de l’empereur dans le chalet Marie-Louise. Extr. de « Le Monde illustré », 25 juillet 1863 (Fonds patrimoniaux Ville de Vichy)

L’architecture de Lefaure mêle avec habileté le chalet alpin — toits à forte pente, bois sculpté, pignons ajourés de trèfles — et la maison coloniale anglaise — galeries à piliers, bow-windows, lambrequins. Les façades en damier de fausses briques ocre et jaune, les balcons à balustres et les dentelles de bois en corniche forment un ensemble étonnamment homogène, dont l’atmosphère champêtre contraste avec la solennité du reste de la cité thermale. En 1905, l’architecte Antoine Percilly prolonge l’ensemble avec le chalet Saint-Sauveur (n°103), fidèle en esprit à ses prédécesseurs.

Les chalets Napoléon III Vichy

Chalet Saint-Sauveur. Façade enduite claire (crème/blanc cassé), sans brique apparente. Balcons à deux niveaux avec balustrades et charpentes en bois/fonte peints en vert foncé.

Infos +:
  • Visite intérieure : propriétés privées — extérieur uniquement (sauf événements)
  • Chalet des Roses (n°101) : ouverture au public possible — site : chaletdesroses-vichy.com
  • Visites guidées « Second Empire » et « Belles Villas » : Vichy Destinations
  • Protection : inscrits aux Monuments Historiques (arrêté du 28 juillet 1972) / Patrimoine mondial Unesco

Accès : libre, gratuit, toute l'année — visibles depuis le boulevard et le parc

Plus d'informations sur le site de la ville

Non disponible

101 à 109 bis, boulevard des États-Unis – 03200 Vichy